English Français
Jeunesse et moyens d’existence
Contexte
Au cours des 12 prochains mois, les trois derniers camps de réfugiés accueillant des Burundais à l’ouest de la Tanzanie devraient fermer. Pas moins de 100.000 personnes seront amenées à traverser la frontière, portant un terme à une crise qui aura duré plus d’une dizaine d’années. A leur retour, ces réfugiés rejoindront les presque 400.000 autres personnes qui ont déjà fait ce voyage. Parmi cette population, les jeunes devront faire face à des difficultés spécifiques. Les camps de réfugiés comportent encore un nombre important d'enfants qui ont été séparés de leurs familles, et d’autres séparations devraient encore se produire de façon régulière, le gouvernement de la Tanzanie intensifiant sa volonté pressante de fermer les camps. La majorité de ces jeunes ont grandi en Tanzanie, et ils n’ont que peu ou pas de mémoire de la vie au Burundi et n’ont aucune idée de la façon dont ils réintègreront la société. Lorsqu’ils reviennent au Burundi, ils se retrouvent confrontés à un système d'éducation qui, comme les autres services sociaux, souffre des effets de la guerre et d’un sous investissement et qui ne peut pas les absorber. Pour ceux qui n’ont pas la chance de trouver une place à l'école, peu d'autres opportunités s’offrent à eux. En l’absence d’une activité productive et d’une place dans la société, cette jeunesse risque de devenir une génération perdue.
Projets
Augmenter les opportunités et les moyens d’existence soutenables pour les jeunes
Depuis septembre 2007, l'IRC a favorisé la réintégration réussie des jeunes en améliorant leur accès à des opportunités appropriées qui permettent de les équiper avec des connaissances, des qualifications, des capacités et des attitudes requises pour s'engager et réussir au sein d’un marché dynamique et d’une société civile grandissante. Avec ce projet, les jeunes issus des provinces de Makamba et de Muyinga sont formés à des commerces viables, tels que la maçonnerie, la réparation de bicyclettes et la confection du pain, ainsi qu’à des compétences de vie et d'affaires. L'IRC s’investit également en développant la capacité des communautés à protéger les jeunes par l'appui soutenu au secteur privé et à la société civile locale. De cette façon, les jeunes seront en meilleure mesure de se réintégrer avec succès et de devenir actifs au sein de leurs communautés avec la visée d’une stabilité à long terme et du développement.
Ce travail est financé par l'Agence Internationale Suédoise de Développement (SIDA) et par le Département d'État des États-Unis chargé des questions liées à la population, aux réfugiés et à la migration (BPRM)
Réunir les enfants non accompagnés et séparés de leurs familles et les aider à se réintégrer
Depuis 2003, l'IRC réunit les enfants rapatriés non accompagnés et séparés qui ont été expulsés de Tanzanie avec les membres de leur famille immédiate ou élargie dans l’ensemble du pays et les aide à satisfaire leurs besoins immédiats en nourriture et abri. Rien qu’en 2007, l'IRC a offert ses services à approximativement 126 enfants expulsés. IRC Burundi est la principale ONG qui se charge du traçage des familles, de la réunification et de la réintégration des enfants et des jeunes non accompagnés ou séparés. Notre objectif est d'assurer efficacement leur sûreté, sécurité, protection et réintégration. Ce projet cherche donc à fournir un appui qui est nécessaire et qui repose sur une évaluation spécifique, pour aider ces enfants et jeunes à se réintégrer de façon adéquate au sein de la société. L'objectif est de réunir la majorité de ces enfants non accompagnés/séparés avec des membres de leur famille immédiate ou étendue et de satisfaire leurs besoins immédiats avec un package de soutien (logement, soin médical, nourriture et articles non alimentaires, assistance administrative). Afin d’assurer leur réintégration à long terme, IRC soutient également leur participation à des opportunités appropriées en matière d’éducation et de moyens d’existence et assure un suivi de leurs cas afin de garantir de bons résultats.
Ce travail est financé par la Haute Commission des Nations Unies pour les réfugiés et par UNICEF
Les violences basées sur le genre
Contexte
Le viol est un phénomène répandu au Burundi, avec plus de 60% de victimes enregistrées âgées de moins de 18 ans. Pendant la guerre civile qu’a connu le Burundi, les violences sexuelles et basées sur le genre ont été employées comme armes de guerre. Des élections démocratiques ont été tenues en 2005 et alors que l’on avait pensé que ceci mènerait à une diminution globale du niveau de la violence basée sur le genre, cela n'a malheureusement pas été le cas. Ceci est lié au fait que les violences sexuelles et basées sur le genre ne sont pas seulement les conséquences de la guerre et des déplacements au Burundi, mais plutôt le résultat d'un certain nombre de facteurs corrélés englobant le bas statut socio-économique des femmes, une société patriarcale traditionnelle qui donne peu de place dans la prise de décision aux femmes, une société qui accepte les violences basées sur le genre comme faisant partie de la vie de famille et de communauté et un Etat qui ne protège pas les femmes et les enfants et ne poursuit pas les violeurs.
Ces inégalités préexistantes entre les hommes et les femmes ont été aggravées par des années de conflit, renforçant la marginalisation des femmes et créant une culture durable d'impunité où les crimes sexuels ne sont pas rapportés et demeurent impunis. Pendant le conflit, les services psychosociaux et de santé pour les victimes de violences basées sur le genre se sont sévèrement détériorés, ce qui a contribué à la création d'un environnement dans lequel ces violences se sont répandues, avec peu ou pas de services disponibles pour les survivantes.
Projets
Empêcher les Violences Basées sur le Genre à travers le renforcement économique et social des femmes
Depuis septembre 2007, l’IRC Burundi a soutenu des Associations Villageoises d’Epargne et de Crédit (VSLA) dans la province de Makamba et en septembre 2008 le projet sera mis en place dans la province de Ruyigi. La méthodologie de VSLA améliore les opportunités d’épargne et d'acquisition de capital par la création de groupes auto sélectionnés de femmes et d'hommes. La méthodologie, limitée dans le temps à quelques mois, permet aux membres des groupes de se partager l'épargne et les intérêts gagnés au fur et à mesure. Le taux de rendement sur l'épargne avoisine les 30 a 40% par le biais du processus de partage des fonds. Le but principal de la méthodologie de VSLA est d’améliorer l’accès à l'épargne et aux crédits, mais elle représente également un moyen de dialoguer au sujet de la prise de décision économique au sein du ménage afin d’atteindre une situation plus équilibrée dans ce domaine. Ce dialogue est encouragé par l’organisation d’une série de groupes de discussion ou la participation des membres est centrée sur un processus progressif de changement des attitudes, des valeurs et des actions qui condamnent l'inégalité, l’affaiblissement et la violence faite aux femmes.
Ce travail est financé par la Commission des Femmes pour les Enfants et les Femmes et par le Département d'État des Etats-Unis chargé des questions liées à la population, aux réfugiés et à la migration (BPRM)
Augmenter les services a destination des victimes de violences basées sur le genre
Depuis 2005, l'IRC a créé des liens entre les communautés et les services existant en matière de violences basées sur le genre et a amélioré leur qualité et disponibilité dans les provinces de Makamba et de Ruyigi. L'IRC collabore avec les départements provinciaux de la santé pour améliorer la qualité et l’accès des victimes de violences sexuelles et domestiques aux soins cliniques. Travaillant avec le personnel des centres de santé, nous identifions et formons le personnel afin que ces personnes deviennent les points focaux de la gestion clinique des viols. Ces formations visent la fourniture de services médicaux confidentiels et de qualité pour les victimes. L'IRC travaille également en partenariat avec les organismes locaux qui fournissent des services psychosociaux de gestion des cas aux victimes de violence basées sur le genre.
Ce travail est financé par le bureau Département d'État des États-Unis chargé des questions liées à la population, aux réfugiés et à la migration (BPRM)
Bonne gouvernance
Contexte
La mauvaise gouvernance, qui s’explique principalement par la succession des crises que le Burundi a traversées, a en grande partie été due à la forte centralisation de l’exécutif et à l'exclusion de la grande majorité de la population des processus décisionnels. Ceci a eu pour conséquence un manque de transparence, de responsabilisation et de respect de la primauté du droit, une impunité généralisée et des violations massives des droits de l'homme. Récemment, le processus de décentralisation a été identifié comme étant une réponse importante à ces défis. Dans un contexte où la démocratie est encore un concept relativement nouveau, abstrait et éloigné de la difficile réalité que la population moyenne doit affronter au quotidien, l'idée de responsabilisation des administrations publiques - dont les élus doivent répondre devant leurs constituants - est peu familière. Le processus de décentralisation, parce qu’il apporte un potentiel indéniable en matière de démocratie et de développement local dans lesquels tous les acteurs locaux sont impliqués, devrait rendre la démocratie plus concrète, viable et accessible à tous et devrait présenter une occasion de rééquilibrer ces rapports.
Les réformes récentes du gouvernement au Burundi ont offert une occasion unique d'appliquer les principes de bonne gouvernance aux niveaux nationaux et locaux tout en répondant aux besoins socio-économiques des populations vulnérables. Il reste cependant de nombreux défis parmi lesquels : l’insuffisante capacité des acteurs locaux à comprendre et accomplir leurs fonctions principales, une société civile faible encore incertaine de son rôle, ainsi qu’un un électorat mal informé. Les communautés doivent devenir les pilotes et les propriétaires de leur propre reconstruction et rétablissement en renforçant les structures de gouvernance communautaire mettant l’accent sur le choix et la responsabilité.
Projet
Support au processus de décentralisation dans la province de Muyinga
Depuis 2007, l'IRC a participé à la promotion de la bonne gouvernance dans la province de Muyinga en soutenant le processus national de décentralisation. Nous aidons à renforcer les capacités des autorités locales et des organisations de la société civile a s’acquitter de leurs rôles et responsabilités d'une façon transparente, en particulier dans la planification, la gestion et le suivi des projets visant améliorer les conditions socio-économiques des communautés affectées par le conflit. En promouvant la pratique de la bonne gouvernance dans tous les aspects du cycle du projet et des relations des parties impliquées les unes avec les autres, nous nous assurons que ces efforts sont propriété de la communauté et qu’ils sont durables. Ceci permet de créer les conditions pour une société plus équitable, ouverte et démocratique. Les communautés sont au coeur du processus décisionnel, et, avec l'appui des organisations de la société civile, elles s'assurent que les voix des groupes vulnérables et marginalisés, en particulier, soient entendues et que les leurs besoins et leurs droits soient reconnus et pris en compte.
Ce travail est financé par la Stichting Vluchteling (Fondation Hollandaise pour les réfugiés) et par la Coopération Belge
Santé publique
Contexte
Lorsqu’elles rentrent au Burundi, les populations rapatriées retrouvent un pays qui subit les effets néfastes d’une décennie de guerre ininterrompue et du sous investissement. Les services de base, en particulier les infrastructures en eau, font défaut dans un nombre important de communautés où les retours sont importants. Un manque d'accès aux services et aux ressources de base peut exacerber les conflits entre les rapatries et les populations d’accueil pendant le processus de retour.
Le manque d’accès à l’eau potable est surtout un lourd fardeau qui pèse sur les femmes et les enfants, car ils sont les principaux collecteurs d’eau dans la communauté rurale burundaise. Lorsque l’eau potable est éloignée, un grand temps est perdu à marcher pour atteindre la source, ce qui représente une perte de productivité pour la famille ainsi qu’un motif d’interférence avec la scolarisation d’un enfant. De même, une source d’eau plus proche mais non protégée et mal choisie peut augmenter de façon significative les risques de morbidité et de mortalité pour les familles et notamment pour les enfants de mois de cinq ans.
Projet
Eau et assainissement
Depuis 1996, l’IRC cherche à améliorer toujours plus l'accès à l'eau potable et aux services d'assainissement dans les communautés de 9 provinces où le nombre de rapatriés est important et a mené des interventions d’urgence et des activités orientées vers la protection des sources aménagées, la distribution de l’eau par le moyen de camions citernes et la réhabilitation de systèmes existants.
En 2008, l'IRC a achevé la construction de deux importants projets d'eau, dont un de 12 kilomètres dans la province de Makamba et un de 22 kilomètres dans la province de Ruyigi, chacun servant les équipements prioritaires des communautés, y compris les centres de santé, les marchés et les écoles. Parallèlement à la construction des équipements, l’IRC conduit des activités de promotion d'hygiène par des efforts réguliers de sensibilisation de la communauté. Afin d’atteindre un développement qui soit durable, nous appuyons également l'élection et la formation de comités de gestion de l’eau et de conseils communaux de l'eau qui sont responsables de l'entretien et de la gestion des l'infrastructures de l'eau, une fois notre travail terminé.
Ce travail est financé par le bureau Département d'État des États-Unis chargé des questions liées à la population, aux réfugiés et à la migration (BPRM)